le 23/4/2026 – JOUR 1
Ce matin, levé à 6h, il faut préparer le bateau, penser à remplir les trois bidons de gasoil supplémentaires achetés hier, ainsi que faire le plein d’eau des réservoirs.
Je dois aussi passer à la capitainerie pour payer ma place ainsi que l’eau consommée, après être allé aux douanes et à l’immigration afin d’obtenir ma clearance.
Je pars à 8h30 du bateau et me rends vers les ferries, où se trouve toute la partie administrative, muni du papier obtenu via SailClear. Pas de chance, pas d’informatique : il faut saisir à la main toutes les informations du bateau et des passagers sur un formulaire typiquement anglais, une vraie galère qui m’a pris deux heures.
Après le remplissage des réservoirs et le paiement de notre place de port, nous quittons Tortola. À noter, le prix du gasoil dépasse les 2,20 € le litre.
GV pleine
12h00
Notre point GPS de départ est 18° 24,8 Nord, 64° 36,16 Ouest. La météo est bonne, mer calme, vent autour de 12 nœuds. Il nous reste 2400 milles nautiques pour atteindre les Açores. Nous avons quitté Village Cay (nom de la marina à Tortola) vers midi et passons par la passe Round Rock pour prendre notre cap au nord en direction des Açores.
Jean-Jacques hisse la grand-voile, Dom est à la manœuvre et nous avons pris un cap au nord en remontant le canal de Drake pour atteindre notre waypoint. Le vent est faible, 5,5 nœuds, AWA=65°.
Après le repas, c’est sieste pour tout le monde, et moi je passe en veille attentive.
Ce qui est remarquable quand on traverse le canal de Drake, ce sont les petites collines couvertes de pins et de sapins, très peuplées d’arbres mais avec très, très peu de palmiers. On est loin des paysages des Antilles françaises.


Vers 16 heures, mise à l’eau de la canne à pêche d’Alexandre en espérant attraper un gros poisson, on y croit tous !

Je teste aussi l’Iridium GO, en appelant Sylvie au téléphone et en lui envoyant un SMS auquel elle répond. Tout va bien. Nous aurons au moins ce moyen pour communiquer et recevoir les infos de notre routeur.
Le froid est présent en fin de journée.
Après le coucher du soleil, le vent s’est légèrement levé. Nous avançons à 12,4 nœuds au 60° d’Awa, et le bateau file à plus de cinq nœuds. Quentin prépare le dîner : pâtes à la carbonara ce soir.




Ce soir, Quentin a pris un Doliprane et va se coucher très tôt, après avoir passé son après-midi dans sa cabine à dormir, fatigué. Le petit Jean-Jacques, lui, est parti se coucher après avoir assuré son premier quart de 1h à 3h du matin. Moi, je prendrai celui de 3h à 5h, juste quand on verra le lever du soleil.
Le bateau avance à plus de 5 nœuds sur une route presque plein nord à 5°, avec un vent stable autour de 13 nœuds. Nous sommes à 70°. Tout va bien.
24/4/2026 – JOUR 2
19°14.89′ N 64°36.52′ W
1h25 AM
GV pleine
Voilà, nous avançons toujours à une vitesse constante. Le vent se lève par rafales jusqu’à 16 nœuds, venant du sud-ouest avec un angle approchant les 80°. Peu à peu, il tourne vers l’est, comme notre routeur l’avait prévu. Il faut garder un œil sur la grand-voile, qui est encore pleine, sans ris pour le moment.
J’attaque mon quart à 3 h du matin, le vent est bien moins fort, on ne dépasse pas les 10 nœuds.
Le vent a bien tourné à l’est, et nous naviguons maintenant à 110° par rapport à lui.
Après le petit déjeuner de 8h30 , nous lançons l’ Iridium Go pour envoyer un petit message à nos épouses. Tout fonctionne bien, mais la Starlink me manque. La mer est calme, avec une houle désagréable mais modérée, et le vent a faibli.
Nous avançons autour de 9 nœuds, cap au nord, avec un vent qui tourne vers l’est, offrant une navigation au portant. En passant dans les bancs de sargasses, la pêche est impossible, ce qui attriste Jean-Jacques.
Vers midi, c’est l’heure de l’apéro Malibu-ananas, et Pastis.
Jean-Jacques se contente d’un jus d’ananas avant de passer derrière les fourneaux. Il prépare sa fameuse salade d’endives, un vrai régal, en coupant tout en petits morceaux, comme il aime le dire.

Cet après-midi, détente sur le bateau : Quentin nous fait écouter sa playlist, mélange de rap et, comme il dit, de quelques musiques de vieux. Petit jonglage avec les verres, comme un chef. Le vent reste stable, à moins de 10 noeuds, mais bien orienté entre 60 et 90°.


Nous venons de traverser une zone de Sargasses qui a ralenti le bateau presque à l’arrêt, on avançait à cinq nœuds, impressionnant.

Il est presque 18 heures. Le soleil se couche et de gros nuages noirs s’accumulent. La météo annonce de la pluie, on verra bien ; le vent ne devrait pas trop se lever, mais il pourrait y avoir quelques averses.

Le vent se lève et nous filons avec un TWS de 18 nœuds ; normalement, il faudrait réduire la voilure, mais nous tentons d’accélérer. Nous maintenons une moyenne de sept nœuds et, dans ce gros temps, nous savourons un repas simple : croque-monsieur au chèvre, huile d’olive et basilic, suivis d’une banane nappée de Nutella.


25/04/2026 – JOUR 3
1h06 HL
21 11.68 N, 64 25.47 W
GV pleine
TWS de 16 à 17 noeuds
Awa 97°
Vitesse moyenne du bateau : 7 nœuds.
Pluie légère et température en baisse. le polaire est nécessaire.
À noter qu’aujourd’hui, j’ai fait 20 minutes à demi-heure de quart avec chaque équipier.
Il est maintenant 5h du matin, je prends mon quart.

Le vent se stabilise entre 15 et 17 nœuds, vitesse du bateau à 7 noeuds, cap au 25 avec un angle de 110°.
On fait le point à 11h, heure locale. En 24 heures, nous avons parcouru environ 140 NM, avec une vitesse moyenne de 5,8 nœuds.
Ce midi, j’ai préparé du poulet avec du riz et un curry à la noix de coco, plutôt pas mal.
Après le repas, le vent s’est levé en force, atteignant 31 nœuds en rafales. Nous étions sous grand-voile pleine, donc réduction obligatoire après s’être mis en fuite et avoir lâché l’écoute de grand-voile. Au passage, un petit cœur trace notre trajectoire.

Il est quatre heures, nous avons deux ris dans la voile, le solent à 50 %. Nous naviguons au près à 50° du vent avec 22 nœuds de TWA, direction sud, à une vitesse de 5,2 nœuds.
Il pleut.
Ce soir, c’est riz, tomates à la bolognaise relevée et un petit morceau de fromage, puis on repart pour un grand run, avec le vent qui souffle à plus de 20 nœuds. Nous sommes à 60°, donc ça tape fort, encore et encore. La météo annonce un radoucissement et une baisse du vent pour demain matin, je l’attends avec impatience.
On sentait une tension dans l’équipage. Quentin, un peu tétanisé, est resté dans le cockpit quand il a fallu prendre les deux ris. Jean-Jacques, lui, est resté un peu pétrifié mais à l’extérieur pour nous aider.
Clairement, j’ai hâte que le bateau cesse de tanguer et que le vent se calme.
La pluie n’est pas forte, mais suffisante pour mouiller les coussins extérieurs.
Les vagues déchaînées secouent le bateau dans tous les sens.
Je termine mon quart avec un cargo qui nous fonce dessus, lui à 14 nœuds et nous à 7 nœuds. L’impact semble inévitable.
Par précaution, j’ai mis en marche les deux moteurs pour gagner en vitesse et le passer, ce qui a été facile grâce à son aide, puisqu’il a viré de 2 degrés sur tribord.
26/4/2026 – JOUR 4
9h00 HL
N 23°21.48′ W 63°37.14′
Vent TWS 12 noeuds
Awa 100°
64% batterie
On se réveille le matin sous un beau soleil, on range un peu le bateau, surtout le carré extérieur, et on remet en place les coussins qui ont séché.
Un petit message à nos épouses pour dire que tout va bien.
Dom nous a concocté un repas incroyable : des pommes de terre avec une aïoli gratinée au four et une tarte aux pommes, un pur régal.




Après ce repas, une petite sieste bien méritée s’impose.
Au réveil, la pluie nous accueille, le vent faiblit et nous faisons face à 5 noeuds.
On a eu beaucoup de mal à retrouver le cap pour le Waypoint indiqué par le routeur.
Le vent tourbillonne, soufflant entre 16 et 18 nœuds.
Au final, nous avons réglé le pilote en mode vent, et il nous conduit vers le waypoint numéro quatre avec un angle de 57°, un vent apparent de 18 nœuds et une vitesse du bateau autour de 6 nœuds. Tout va bien, nous avons pris un petit apéro mais pas encore dîné.
Le repas de midi était trop copieux.
À 21h, Quentin est allé se coucher, Dom est resté dans le carré avec Jean-Jacques qui prend son quart, et moi je les accompagne.
27/04/2026 – JOUR 5
Il est 0h30 et je prends mon quart. La météo reste agréable, avec un cap à 55 et une vitesse vent de 14 nœuds.
Ce matin, le ciel est légèrement moins nuageux, le vent reste stable autour de 10 nœuds et nous naviguons cette fois-ci à 100° par rapport à lui.
On a monté la grande voile avec un ris, donc il ne nous reste plus qu’un ris dans la GV, le solent étant plein.
Jean-Jacques a fait la lessive des torchons et il est allé pêcher avec sa canne.


Toujours autant de nuages dans le ciel, mais un peu moins imposants qu’hier.
Aujourd’hui, petite séance de bricolage : il y a encore de l’eau dans la cabine de Quentin, peut-être à cause d’une infiltration.
Du coup, il occupe ma couchette depuis deux jours. J’ai repéré, au niveau des chandeliers, une petite fente avec deux points que j’ai bouchée avec du SIKAFLEX étanchéité. On verra demain s’il y a encore de l’eau.
Jean-Jacques et Dom nous préparent le repas de midi avec des légumes : carottes, concombres et courgettes.

Avant le repas, à l’apéritif de 11h, un poisson s’est mis à tirer sur notre canne. Jean-Jacques a bondi, et après quelques minutes, le poisson a cassé le fil de pêche pourtant très solide.
Repos cet après-midi…


Ce soir au repas, c’était exceptionnel !
On a eu droit à un steak haché à cheval, servi avec des carottes à l’ail et au persil. Bravo, Dom !



Au dessert des petits crackers avec du Nutella.
le 28/04/2026 – JOUR 6
25°32.61′ N, 61°25.93′ W
GV 1 ris (pour la nuit)
TWS 8 noeuds
Awa 149°
Ce jour-là, la météo démarre avec un vent presque arrière soufflant à moins de 8 nœuds, plutôt autour de 6 nœuds.
La bôme de la grand-voile bouge dans tous les sens malgré la retenue de bôme en place, et le bateau avance à moins de trois nœuds, pas top.
Nous naviguons toujours avec la grand-voile et un ris pris.
Ce matin, nous avons mis les deux cannes à pêche à l’eau et réparé celle d’hier qu’un gros poisson avait cassée au niveau du bas de ligne.
Le vent est faible, autour de 10 nœuds. Nous naviguons à 145° du vent, pas vraiment dans le bon cap, mais on fait avec.
Cet après-midi, c’est le calme plat. Le bateau avance à trois nœuds, avec un vent de 7 nœuds au maximum. On a mis les lignes à l’eau.
Soudain, Quentin voulut prendre de l’eau de mer pour faire la vaisselle, et l’eau ne coulait plus…
On a testé la pompe, remplacé les fusibles et finalement changé la pompe neuve qui avait grillée, affaire réglée en à peine une demi-heure. Quentin m’a beaucoup aidé. C’est un jeune homme plein de ressources, contorsionniste, qui en plus nous prépare ce soir des pâtes aux carottes.
Après une après-midi assez calme, avec une vitesse du bateau ne dépassant pas 3,5 nœuds au moment du repas, le vent se lève à environ 12 à 15 nœuds,
Le bateau file alors entre 5 et 6 nœuds, c’est super agréable.
La fraîcheur se fait ressentir et la veste est obligatoire pour manger le soir.


29/04/2026 – JOUR 7
26 41,35 n 59 58,90 w
1 ris GV
Solent plein
TWS 16 noeuds
Awa 85°
Il est 2h45 du matin quand Dom me réveille. Le vent monte fort, on atteint presque 18 ou 19 nœuds avec notre seul ris dans la grand-voile. L’alerte coup de vent retentit sur le baromètre. Cela dure environ 10 minutes,
Jean-Jacques arrive pour commencer son quart.
Je vais enfiler ma salopette de quart et ma veste, car il fait vraiment très froid dehors.
Je viens de vérifier le nombre d’heures moteur et nous en sommes à 27 heures au total sur les six premiers jours de la transatlantique.
À noter que lors de notre navigation au près, le bateau réagit comme s’il était au portant, car la houle de nord-est va dans notre sens.
Un vent d’Ouest, bien établi entre 12 et 15 noeuds.

Il est 10h du matin et nous continuons de naviguer à 90° du vent, avec une vitesse variant entre 9 et 10,5 nœuds pour un vent d’environ 20 nœuds. C’est vraiment impressionnant, les vagues nous portent.
Après le repas de midi préparé par Quentin, un bol de pâtes agrémenté d’œufs et de saucisses, un vrai petit régal, suivi d’une biscotte surmontée d’un morceau de brie en dessert, nous avons décidé de prendre un ris, passant ainsi à deux ris sur la GV. La mer devenait très agitée, avec un vent toutefois stable. La prise de ris s’est effectuée avec une pointe à 26 nœuds face au vent.
Tout le monde était sur le pont, DOM à la manœuvre, Jean-Jacques au winch électrique et Quentin dans le carré pour gérer les dérives et le rail de la GV. Et moi, au pieds du mât, et sur le roof…
Ce soir, sous une météo capricieuse, le bateau filant à près de 7 nœuds, Dom prépare une petite tourte ou tarte aux pommes de terre, jambon cuit, gruyère, quelques œufs et des aromates. On va se régaler.


Après le repas, c’est mon quart, car le vent souffle assez fort (TWS de 20 nœuds). Nous naviguons toujours entre le travers et le largue avec une vitesse moyenne impressionnante, entre 7 et 11 nœuds. C’est incroyable : le bateau ne fait aucun bruit et glisse sur l’eau.


30/04/2026 – JOUR 8
Nous sommes jeudi, cela fait une semaine que nous sommes en mer à 11h heure locale. C’est l’heure de la mise au point cartographique, du nombre de miles parcourus et de l’apéro !
Au repas de midi, Dom nous a préparé une omelette aux champignons et, pour dessert, les fameuses biscottes appréciées de Jean-Jacques, tartinées de brie et de Nutella.
Après le repas de midi, le vent a légèrement forci, nous tenant à une moyenne de 17 nœuds. Nous gardons toujours nos voiles entre 90 et 110° du vent, ce qui nous permet d’atteindre une vitesse sur l’eau proche de 7 nœuds en moyenne, avec des pointes à 9 nœuds.
Petite sieste pour Jean-Jacques Dom et Quentin, je veille aux grains …
À noter que la fuite d’eau dans la cabine avant tribord où se trouve Quentin a été résolue.
Les vagues restent impressionnantes, avec une houle constante de 2,50 à 2,60 m.
Nous espérons atteindre demain la moitié de notre trajet.
Il est 13 heures, le vent forcit à 22 nœuds TWS, et le bateau avance toujours aussi bien entre 8 et 10 nœuds.
Vers 16 heures, sous un grain avec un vent d’environ 25 nœuds, l’équipage se tient prêt à toute manœuvre urgente.
C’est incroyable la vitesse à laquelle un gros nuage peut apparaître : le ciel est bleu, puis soudain arrivent des nuages épais, plus ou moins gris. Ils provoquent d’abord une baisse du vent, puis une montée très rapide qui nous oblige à rester très attentifs aux voiles, voire même à prendre un ris si ça forcit trop.
Malgré les épisodes pluvieux et les nuages. Nous arriverons ce soir à 90 % d’énergie disponible.
Avant le repas, un grain nous tombe dessus au moment où nous croisons un pétrolier qu’il va falloir éviter…
C’est difficile car le grain nous ralentit au début… heureusement, il nous aide ensuite à passer par l’arrière…


Je prépare du riz créole pour ce soir.
Une pointe de brie sur une biscotte fera le dessert.
Les quarts de nuit commencent avec une mer calme et un vent de 12 nœuds au travers.
01/05/2026 – JOUR 9
29°46.5’N 54°20.55’W
Le vent est tombé, il ne souffle plus qu’entre 6 et 9 nœuds. Nous avons donc décidé de hisser la grand-voile.
Nous filons toutes voiles dehors, grand-voile hissée, cap sur notre waypoint à près de 5 nœuds. C’est le moment idéal pour mettre les lignes à l’eau.


Petite séance de sport pour Quentin.
On réfléchit au repas de midi.
Et moi j’essaye pour la première fois de faire du pain.

Le point de 11h par dom : 110 NM parcourus …
Après l’apéritif, nous avons déjeuné d’une salade de riz au thon et aux carottes pour certains !

Le vent n’est toujours pas levé, nous avançons à 4 nœuds au moteur car la TWS ne dépasse pas 5 nœuds.
Avant la sieste, nous avons tous les quatre jeté une bouteille à la mer, contenant un petit message personnel à l’intérieur…


Actuellement tout le monde dort et récupère de cette nuit passée.
Après avoir fait mon pain, j’espère qu’il sera mangeable.
Après l’apéro du soir, je prépare une pizza chorizo trois fromages qui, selon l’équipage, est délicieuse.

Le vent se maintient à 10 nœuds. Nous naviguons au grand largue à une vitesse comprise entre 5,5 et 6,1 nœuds.
GV pleine à surveiller pour la nuit
2/05/2026 – JOUR 10
30°36.67′ N 52°44.82′ W
1011 mmhg
Il est 4h40, le jour se lève. La mer est légèrement agitée, le vent reste stable entre 9 et 10 nœuds. Nous avançons à 125° avec une vitesse moyenne de 5,5 noeuds.

Les quarts se sont bien passés, et on aperçoit de moins en moins de sargasses.
Une navigation à 5 noeuds tranquille mer calme petite houle …idéal pour la pêche…
Repas sympa merguez purée tarte pomme…


Après la sieste et plusieurs tentatives de pêcher malgré les Sargasses, la fin de la journée approche.
Au coucher du soleil, nous devons prendre la décision d’empanner ou de rester sur notre cap en prenant le nord.
Un grain arrive ou du moins un énorme nuage noir, passe devant le bateau, le vent change de direction et nous voilà placer directement sur la route de notre waypoint.
Repas simple ce soir, puisque nous avons utilisé une boîte de cassoulet avec une conserve de Maman…
En ce moment, nous progressons au travers à une vitesse moyenne de 5,5 nœuds, avec un vent réel (TWS) oscillant entre 10 et 13 nœuds.
Côté énergie, tout est au vert, il ne reste plus qu’à refaire le plein d’eau dans les prochains jours, car notre réserve est à 50 %.
Côté fuel environ 60 l consommés.
Nous sommes tranquilles, car dans un ou deux jours, nous aurons atteint la moitié de notre trajet vers les Açores.


03/05/2026 – JOUR 11
31 41.16 N, 50 44.23 W
1017 mmHg
à 5h40 HL
Je note un vent stable à 15 nœuds, un bateau avançant en moyenne entre 6 et 7 nœuds, avec une allure au travers et un waypoint accessible.
Toujours 6h de décalage avec la France à notre position …Peut-être seulement 5 h, on sait pas trop.
Toujours des sargasses donc pêche compliquée.
Quelques poissons volants sur le bateau

Le vent baisse à 6kts. On réfléchit à mettre le dessalinisateur car il reste 30% de charge batterie.
A midi, les batteries sont à 63%.
Cet après-midi nous avons donc effectué le plein dans notre réservoir d’eau avec le dessalinisateur, un peu plus de trois heures de fonctionnement avec les deux moteurs, ce qui a permis aussi de charger les batteries à 80%.
Sans les moteurs le bateau file autour des 3 nœuds, avec 7 noeuds de vent apparent.
Vers 17h HL, on remet un moteur en marche pour avancer à environ 5 nœuds. Nous avons consommé 80 l jusqu’à présent, en estimant la consommation d’un moteur à 1,5 l à 1500 tr/min.
Magnifique coucher de soleil en dégustant un planteur maison.

Après le repas, le vent est tombé autour de six nœuds, avec une vitesse du bateau sur l’océan entre 2,9 et 3,5 nœuds.
Notre routeur nous avait annoncé deux jours avec peu de vent, autour de 4 à 6 noeuds.
Cela va être dur pour arriver à temps le 15 mai afin que Quentin puisse prendre son avion pour Barcelone. Les moteurs sont utilisés.
Je fais le premier quart tranquillement, dans l’attente, en admirant la lune et l’étoile polaire, plus visible qu’en Méditerranée.
04/05/2026 – JOUR 12
32°27.23′ N 48°59.40′ W
1019 mmHg, vent à 3 nœuds.
Ce matin, au lever du soleil, nous avançons très lentement faute de vent, avec le moteur bâbord toujours en marche.
Comme chaque jour vers 11 heures, Dom vient de faire un point sur sa carte. Nous sommes à mi-parcours, et c’est la bonne nouvelle du jour.
Jean-Jacques essaie de nous ramener un poisson, mais les sargasses le gênent.
Voilà il est 13 heures. Nous avons toujours les moteurs car le vent est entre zéro et 1,5 nœuds. La mer est plate. Beaucoup de soleil, il fait chaud.
Je prévois d’éteindre celui de bâbord pour essayer de réduire la consommation de carburant.
Quelques sargasses sont encore présentes à notre point GPS, ce qui est vraiment extraordinaire.
Par ce temps très calme, je décide de préparer du pain en plus grande quantité pour la deuxième fois. Plus de biscottes à bord, ni de pain de mie…
A la sortie du four, résultat satisfaisant même s il manque un peu de sel …
La journée se déroule paisiblement jusqu’à l’apéritif, avec une petite piña colada et des pâtes à la bolognaise.
Jean-Jacques est prêt pour son premier quart très long, car tout le monde se couche vers 21 heures et il s’étend jusqu’à 1 heure du matin.
Le vent reste apparemment entre 9 et 10 nœuds, mais de face.


le 05/05/2026 – JOUR 13
32°58.9′ N 47°55.2′ W
1018 mmHg
TWS de 7 nœuds
AWA 71°
Je prends mon quart à 1h du matin avec le moteur bâbord allumé, car Jean-Jacques a constaté une baisse du vent autour de 7 nœuds et un bateau qui avançait à moins de 2,5 nœuds.
La mer est toujours plate, une lune superbe.
Vers 3h, le vent se lève et nous avançons péniblement à 4 nœuds.
Dans la matinée, le vent remonte autour de 13 nœuds.
Le bateau avance enfin à une vitesse d’environ 5,5 à 6 nœuds.
Petit bilan sur le gasoil : nous avons consommé 120 litres, soit à peu près notre réserve, tout en ayant parcouru plus de 1300 NM, toujours en se fiant à une consommation moyenne de 1.5l/moteur et à 1500 tr/mm.
Nous sommes toujours sous grandes voiles sans ris avec un vent autour de 13 nœuds, ce qui laisse prévoir une réduction certaine avant la fin de la journée, car notre routeur annonce 17 nœuds pour la nuit, voire le lendemain.
Les messages via l’Iridium sont toujours compliqués, on ne sait jamais si nos amis et notre famille les reçoivent.
Il y a du soleil, pas de pluie depuis trois jours. Par contre il fait frais, le pantalon est de rigueur.
Nous espérons que l’absence de vent ou le faible vent subi est désormais derrière nous pour arriver à temps à Ponta Delgada, afin que Quentin puisse prendre son avion.
Remarque importante comparé à la Transat aller, le soleil est plus efficace pour recharger nos batteries via les panneaux solaires. Je n’ai jamais mis les moteurs pour recharger les batteries.
Côté avitaillement, pour l’instant nous ne manquons de rien, à part du pain. Les biscottes achetées pour l’aller/retour sont épuisées, reste les crackers !


06/05/2026 – JOUR 14
34°04.71’N 46°23.98’W
1022 mmHg
Nuit paisible, mer parfaitement plate, vent oscillant autour de 2 nœuds.
Je prends mon quart à 3h du matin.
Le stress monte car l’espoir d’arriver avant le 15/05 devient compliqué.
L’avitaillement est aussi un problème que Dom a soulevé. Dans cette transat, il est le pessimiste du groupe, et moi l’optimiste…c’est rare me concernant.
Cette journée sera décisive pour arriver dans les temps, avec un vent prévu entre 10 et 17 nœuds selon le routeur.
Au final, le vent reste autour de 8 nœuds, mais de face, donc au moteur, avec une vitesse moyenne de 2,8 nœuds.
Ce matin, j’ai vérifié les soutes pour connaître les réserves de nourriture afin de lever ce stress.
Nous avons tout posé sur la table et réalisé qu’il nous reste encore quelques jours de tranquillité.
Changement de l’heure sur le bateau.
Dans l’après-midi, les cannes plongent dans l’eau, mais aucun poisson ne mord.
Le vent monte à 15-16 nœuds, mais comme il est de face, nous devons prendre un cap un peu plus au nord, ce qui nous éloigne du waypoint conseillé par le routeur.
J’ai sorti mon pain du four pour la deuxième fois. Il est plutôt réussi, et l’équipage est ravi.

Prise de ris car le vent dépassait les 18 nœuds au pré serré, à 40° du vent.
Depuis quatre heures, nous faisons face à un près serré avec un vent atteignant les 22 nœuds.
Le bateau tangue légèrement, plante quelques pieux, et maintient sa route pour atteindre le 35e parallèle.

07/05/2026 – JOUR 15
35°27.16′ N, 45°28.64′ W
Le vent se déchaîne cette nuit. Rapidement, il monte à 25 nœuds. Au près serré, le bateau pique du nez, vole et surfe…
Je vérifie régulièrement les haubans, tout semble aller, mais je réveille Dom à 1h car je veux ajouter un ris de plus dans la grand-voile, soit deux ris au total.
Par une nuit noire, avec un bateau filant à près de 9 nœuds et un vent TWS de 24 nœuds, c’est sportif. Quentin et Jean-Jacques nous ont bien aidés…
Entre le 30 et le 35e parallèle, cet anticyclone se déplace, influençant la présence ou l’absence de vent.
Ici un peu trop …le bateau souffre et moi aussi…
Ça me rappelle un retour de Minorque avec Vogalène… ça frappait fort.
Il est 2h et nous devons virer de bord pour rejoindre le waypoint dépassé par le nord ouest.
Il est 6h. Nous venons de prendre le troisième ris. Le vent souffle entre 26 et 28 nœuds. Le routeur nous a proposé une route plus au nord afin de pouvoir accéder au waypoint suivant.
Il reste 680 NM pour atteindre Ponta Delgada.
Ce midi, repas nouilles chinoises une première pour Dom et Jean-Jacques.

Après le repas, le vent est toujours stable entre 25 et 29 nœuds, nous naviguons à 70°, une houle nord-ouest de 2,80 m à 3 m. Pas très agréable mais nous filons tout de même à environ 7 nœuds en moyenne.

Pour rappel 3 ris dans la GV et solent à 2/3.
En fin d’après-midi, la mer se calme.
Comme le vent …TWS de 17 noeuds.
La nuit sera calme, avec une vitesse du bateau oscillant entre 5,5 et 7 nœuds, avec une fraîcheur d’environ 18 degrés.
08/05/2026 – JOUR 16
37°21.22′N 43°28.10′W
TWS 16 noeuds.
Jean-Jacques nous prépare un super bon café, comme d’habitude.
Nous apercevons pour la première fois des dauphins à 7h11 du matin.

La nuit passée a été calme avec un bon vent et une bonne vitesse.
Toujours un peu de nuages et il ne fait pas chaud, on supporte la doudoune !
Après midi sieste et nuages ….on arrive tout de même à 90% de charge pour les batteries.
Je mets ma canne à l’eau… Les sargasses semblent avoir disparu du décor.
Cette traversée aura été difficile pour le bateau qui méritera quelques réparations ou vérifications :
- barreaux échelle cockpit dessoudés
- coussin protection annexe sur bossoir à coudre
- bimini à consolider sur bâbord car usures liées aux passages écoute GV
- 4 attaches batylines à remplacer
- javel sur soute avant bâbord car moisissures
- antenne Starlink qui a grillé !
- revoir branchement électrique pompe eau de mer tribord
- 2 chandeliers à redresser
- tissu mur cabine avant bâbord se décolle
- vérifier étanchéité des panneaux chambre avant tribord
- vérifier étanchéité panneau couloir tribord
- vérifier étanchéité cabine arrière tribord
- coulisseau de solent à vérifier
- polir l’inox du frigo congélateur
- revoir le système électrique table à carte
- changer les bougies de préchauffage moteur tribord
- Vérifier la charge par l’hydrogénérateur finalement non utilisé.
- sol salle de bain à changer
- pare soleil cabine arrière bâbord
- repeindre table
- boutons table gaz ENO
- table extérieure à fixer au sol
- batterie vhf portable carré
- joins porte carré
- poignets porte sdb bâbord à coller
- bimini moisissure
Ce soir, soirée de gala ! Une bonne bouteille de vin apportée par Jean-Jacques pour accompagner un poulet à la sauce marocaine épicée, avec pois chiches et haricots blancs de « maman » : un vrai régal ! Bravo à notre cuisinier.
Mon quart de 1 à 3 h est aussi calme que celui de Jean-Jacques, que je viens de relever… Mer légèrement agitée, vent autour de 10-12 nœuds, cap maintenu au près.
09/05/2026 – JOUR 17
38°19.99’N 41°30.62’W
Vent TWS 10 noeuds.
Twa 70°
Cette nuit tranquille est un peu moins fraîche…
Nous avons franchi le 38e parallèle et mettons le cap toujours plus au nord, car un vent de sud-est nous empêche de rejoindre les Açores à la voile.
Il est 8h et le soleil est bien présent .
Nous n’apercevons plus de sargasses. On va pouvoir commencer à pêcher sans trop de galère.
Dom et Jean-Jacques ont bouclé la liste de courses aux Açores pour nos 2 à 3 semaines restantes sans escale.
L’avitaillement en Guadeloupe et quelques ajustements suffiront pour atteindre les Açores sans restriction.
Purée avec saucisses et cracotte au Nutella pour le repas de ce midi.
Mise en route du dessinateur pour compléter notre réservoir d’eau qui est maintenant à sec.
Le vent s’est calmé. Nous avons un petit 8 nœuds. Les deux moteurs sont en route pour avancer sur notre cap et compenser l’énergie demandée par le dessalinisateur.
La mer n’est pas agitée, elle est calme, il y a du soleil, les panneaux solaires, fonctionnent parfaitement.
En milieu d’après-midi, le vent ne dépasse pas 6 nœuds… Les moteurs nous permettent de maintenir 5 nœuds tout en rechargeant les batteries et en évitant que le dessalinisateur ne tire trop dessus.
Dom a fait sa tarte aux pommes et prépare une omelette aux petits lardons pour accompagner la purée-saucisse de midi. Un chef !
J’attends avec Jean-Jacques que le dessalinisateur ait fini pour profiter d’une bonne douche !
En fin de journée le vent monte un peu et nous arrêtons les moteurs .
Nuit paisible, mer tranquille avec une vitesse moyenne de 5 nœuds sur notre cap.

10/05/2026 – JOUR 18
39°19.95’N 39°26.24’W
TWS 7,4 nœuds
Cap au 73°
Dom a rallumé le moteur pour progresser vers le waypoint indiqué par le routeur. Le vent est tombé à 5 nœuds pendant son quart.
Pendant mon quart de 3h, le vent est monté à 18 nœuds, ce qui m’a permis de couper les moteurs jusqu’à 6h, moment où il est retombé.
Après la mise a l eau de ma canne , quelques dauphins sont venus nous saluer.
Une photo avec nos doudounes à manches courtes, style vendeur chez Toyota…

« Quelle galère d’avoir le vent de face ! C’est la première fois qu’une transat retour se fait avec autant de vent contraire et une navigation au près serré sur plus de 95 % du trajet », dit Dom.
Dom nous prépare une tourte jambon cru fromage ratatouille de maman !

Un régal !
De mon côté, juste du pain car plus de pain de mie, de cracottes ni de biscottes.

La météo est bonne en ce moment, mais le vent de face rend pour l’instant impossible de rejoindre directement Ponta Delgada (São Miguel).
Le routeur nous annonce pour la nuit un vent venant du nord-est, ce qui serait très favorable sur notre route et permettrait une arrivée estimée samedi.
À la sortie du pain vers 16h, petit goûter gourmand : croûton de pain au Nutella ! Sur du pain chaud, c’est top !
Au repas ce soir des pâtes à la provençale avec pilons de poulet …préparé par Quentin.
Nous avons essayé sans les moteurs, mais en vain. Avec 20 degrés au vent, nous ne pouvons pas maintenir le cap sur Ponta Delgada. Faire un bord serait envisageable, mais il n’y a que 10 nœuds de vent. Nous allons donc tenter avec les moteurs jusqu’à minuit.
Comme chaque soir, je regarde l’étoile polaire, facile à repérer car plus brillante et première à apparaître. En Méditerranée, j’ai toutefois du mal à la distinguer des autres étoiles.
11/05/2026 – JOUR 19
39°09.61′ N, 37°16.49′ W
vent TWS de 12 à 14 nœuds
Ce matin, à 4h00, j’ai rejoint Jean-Jacques, qui m’a tenu informé des événements de la nuit et de la possibilité d’éteindre les moteurs.
Le vent prend enfin la direction NE , TWA 50, ça devrait le faire !
À deux, nous déroulons le solent et, après un petit réglage sur la grand-voile, nous coupons les deux moteurs : cap maintenu à une vitesse de 4 à 5 nœuds.
Pendant que Jean-jacques va se reposer, je fais le bilan gasoil.
Pas terrible, dans la journée d’hier nous avons consommé autour de 70 l.
Il nous resterait 158 litres dans le réservoir, plus 60 litres de réserve dans la soute avant bâbord, soit plus de la moitié du plein pour couvrir les 550 NM restants jusqu’à notre arrivée à Ponta Delgada.
Ce matin a été mouvementé : en quelques minutes, le vent est passé de 9 à 24 nœuds, et le bateau filait à plus de 8 kts. En relâchant l’écoute de grand-voile de 50 cm pour préserver les précieux haubans, la vitesse a chuté à 6 nœuds… pas besoin de prendre un deuxième ris.
Après-midi avec un bon vent et un cap à 60, qui nous pousse malgré nous plus au sud de notre route vers Ponta Delgada.
Dom est usé et ne donne pas le moral aux équipiers …j’essaye de rester optimiste mais moi aussi je commence a stresser.
Quentin est démoralisé à l’idée de reprendre le travail avec du retard.


Jean-Jacques et moi, on tient bien le coup, en apparence peut-être ?
Purée et steak ce soir… dernier bon repas avec un minimum de protéines… il ne reste que les haricots verts en boite…
Mon quart de 21h00 à 1h00 démarre mal… Le vent tourbillonne, changeant sans cesse de direction et de vitesse… 40° perdus en 10 secondes et 26 nœuds pris d’un coup… Pas agréable du tout.
Vers minuit, le vent monte à 28 nœuds. À 35° du vent, le bateau peine à prendre de la vitesse… Je relâche encore une fois l’écoute, car nous n’avons qu’un ris dans la grand-voile.
Je réveille Dom en cas de manœuvre urgente, car je ne connais pas l’évolution. Il est fort probable que les nuages présents soient à l’origine des dépressions et tourbillons autour du bateau.


12/05/2026 – JOUR 20
38°39.7′ N 35°09.9′ W
Vers 1h du matin, le moteur tribord s’est arrêté, l’aiguille restant bloquée à 1000 tr/min. Impossible de le redémarrer.
Le vent qui montait en parallèle, obligeant à prendre un ris avec un seul moteur pour se mettre face au vent, rendait la manœuvre compliquée.
J’ai décidé d’aller dans la cale moteur (bien attaché) pour couper l’électricité du moteur et la remettre… un petit reset… après tout, ça marche bien pour les télés !
Eh bien, cela a fonctionné ! tu es fort dirait ma femme qui me manque énormément…mais bon, elle ne voudrait être là en ce moment .
À 6h00 HL, nous changeons de cap et coupons les moteurs. Cap au NNE avant de redescendre vers le sud, avec environ quatre bonnes heures sur cette route.
Le vent se maintient à 18 nœuds, le soleil brille mais l’air reste encore un peu frais.
Vers midi, nous allons virer de bord en espérant retrouver une allure au travers ou au largue pour rejoindre le waypoint indiqué par le routeur et nous rapprocher de notre destination.
Dom va mieux ce matin, mais Quentin est toujours au fond du gouffre ! Heureusement, Manon le seconde dans les recherches de vols au cas où…
Il n’a pas ouvert la bouche de la matinée et il est parti se coucher après le repas.
Notre virement de bord pour redescendre vers le sud et suivre le cap de nos waypoints jusqu’à Ponta Delgada n’a pas vraiment été une réussite… Le vent est tombé à 5 nœuds et le bateau reste toujours à 35 degrés du vent… Un peu démoralisant, je dois l’avouer.
Ma chère femme, tu ne me reconnaîtrais pas tant je suis optimiste ! J’essaie de contrebalancer les paroles de Dom, plutôt pessimistes (et peut-être réalistes).
De toute façon je pense que ce soir nous serons en dessous des 400 NM, un point positif sur les 2400 NM réalisés !
Au repas de ce soir : pizza au chorizo… en même temps que le pain, je me suis lancé dans une pâte à pizza avec la sauce tomate de ma maman ! Pas mal du tout. Le four reste un handicap pour nos petits plats, mais comme on est sur un bateau, on valide toujours les plats des novices 🙂

13/05/2026 – JOUR 21
38°33.6′N 34°08.7′W
TWS 11 noeuds
Awa 39°
Je prends mon quart de 1h et le moteur tribord, allumé depuis hier 20h00, tourne toujours. Il aide à éviter de trop descendre vers le sud, car notre cap reste encore un peu serré !
je viens de goûter mon pain, une tuerie ! une tartine nutella – confiture de citre de ma maman est excellente.
Nous arriverons péniblement en dessous des 400 NM dans 1h.
Pour la deuxième fois, un grain léger avec une pluie fine me surprend. Le vent monte rapidement à 20 nœuds avant de redescendre à 11-12 nœuds.
Ce matin, le vent est stable autour de 12 nœuds mais reste toujours de face, et la vitesse du bateau varie entre 3 et 5 nœuds.
Bonne nouvelle ce matin : dans 72 heures, le vent passera au NNW, idéal pour remonter vers Ponta Delgada.
Je n’avais pas anticipé le froid et l’humidité du mois de mai en Atlantique… Avec trois paires de chaussettes, c’est juste ! Donc, lessive à bord.

Aujourd’hui midi, c’est la première fois que l’Iridium ne capte pas assez de satellites pour assurer une connexion stable.
La force et la direction du vent nous laissent penser à une arrivée dans la nuit de samedi ou dimanche.
On fait le point avec Dom pour savoir ce qu’il nous reste à manger… normalement, on devrait avoir juste ce qu’il faut pour tenir les 4 jours restants.
On termine nos trois semaines en mer… énorme ! Il aurait fallu emporter plus de rhum… nous sommes à sec, comme pour le pastis et le whisky.
Cet après-midi, nous avons profité d’un bateau stable par ce vent modéré pour faire le plein avec nos trois derniers bidons de gasoil achetés à Tortola (sur les bons conseils de DOM), au cas où… et heureusement, plus sereins.
La soirée et la nuit sont très calmes, avec juste un léger vent que le bateau prend de face en même temps que le courant. Moteur tribord allumé à 1500 tours, nous atteignons à peine 3 nœuds.


14/5/2026 – JOUR 22
38°10.12′ N 32°19.19′ W
TWS 6,8 nœuds
Awa 13°
Ce matin est encore pire que la nuit dernière : le vent est tombé à 7 nœuds et il ne tourne pas comme il était prévu.
Jean-Jacques nous prépare toujours un bon café…

Je finis par enrouler le solent, border la grand-voile et aligner les deux moteurs sur le cap à suivre pour Ponta Delgada.
Cela fait plus de quatre heures que nous naviguons ainsi, et le vent reste inchangé. C’est désolant !
Petite sieste avant l’apéro de 11h… du moins avec ce qu’il nous reste à boire et à manger, c’est plutôt léger !
Temps toujours nuageux sans soleil mais température correcte à l extérieur du carré .
Dom se met à la cuisine pour un bon petit plat avec ce qu’il nous reste à bord .


Cet après-midi marque un tournant pour notre transat : nous changeons de destination et mettons le cap sur Horta, un port plus proche que Ponta Delgada. L’essentiel est que Quentin puisse prendre un avion à temps, car il reprend le travail lundi.
Avec le carburant dont nous disposons, il nous est impossible d’arriver à temps à Ponta Delgada, compte tenu de l’absence de vent et surtout d’un vent de face ! Avec un seul moteur, il faudrait plus de 100 heures.
Avec nos deux moteurs, l’arrivée est prévue samedi matin à Horta, où Quentin pourrait prendre un avion via Ponta Delgada, puis Lisbonne et Barcelone, ou bien Manon viendra le chercher dimanche à 1 h du matin.
Pour information, le port de Horta sur l’île de Faial est à 150 NM, tandis que Ponta Delgada sur l’île de São Miguel est à 300 NM.
Manon s’occupe de ses billets d’avion, et pour le reste de l’équipage, nous espérons obtenir une place au port afin de faire l’avitaillement en même temps que le plein de gasoil. Au pire, nous irons tous les trois à Ponta Delgada le jour même.
Tout le monde est détendu… sauf moi qui n’ai pas réussi à amener Quentin à temps à Ponta Delgada, malgré un départ des BVI quatre jours avant la date prévue.
15/05/2026 – JOUR 23
38°15.44′ N, 30°37.42′ W
TWS 6 noeuds
Awa 37°
la nuit est toujours paisible, et très calme.
A 4h00 Dom me réveille …le carburant , nous sommes au quart du réservoir !! on y arrivera pas …
Tous les 2 à la calculatrice évaluons les distances à faire, un moteur à couper ? …le stress revient …
Je pars me coucher pour finalement me réveiller avec un magnifique lever de soleil sur une mer encore très calme !
Pour rassurer tout le monde (et moi aussi), je coupe un moteur et, pour compenser la perte de vitesse, je déroule le solent en relâchant légèrement l’écoute de la grand-voile.
C’est pas trop mal puisqu’on avance à une vitesse comparable à celle des deux moteurs à 1400 tr/min.
La mer devient ultra plate vers midi, avec un bateau qui file plus vite que le vent 🙂

On se lance sur un sandwich merguez pour ce midi !! Restrictions obligent… on garde le cassoulet pour ce soir 🙂
Avec une grande voile haute et le solent, nous avons du mal à dépasser les 3 nœuds.
Il faut combiner d arriver à temps pour le vol de Quentin a 15h40 demain et la quantité de fuel disponible.

Notre moteur tribord tourne toujours. Ce soir, on va équilibrer les heures avec le moteur bâbord.
Un petit goûter à 16h avec des pop-corns et un choco-rhum glacé… petite pensée pour le choco-génépi des vacances au ski 🙂


Apéro au coucher du soleil, dernier pastis, dernière bière, et une bouteille de rouge ouverte par Jean-Jacques… pour savourer notre cassoulet !


En approchant des îles, on aperçoit quelques bateaux sur l’AIS et un port qui semble déjà plein.
Dom, de son côté, nous fait ressentir son stress face au manque de gasoil. Du coup, je suis allé mesurer la hauteur de gasoil dans la cuve pour valider une jauge à l’intérieur du bateau, plutôt instable.
Il reste un peu plus de 40 litres (calculé avec la formule L x l x H) et nous avons au maximum 12 heures de navigation. Avec un moteur, les voiles dehors et 5 nœuds de vent, ça devrait passer. La consommation moyenne est de 1,5 l/h selon les données du constructeur, mais dans les conditions actuelles de vent et de courant de face peut on s’y fier ? Tout le monde en doute, car un calcul montre que notre moyenne depuis le départ de la transat est plutôt de 1,7 l/h !
Au final, quelle aventure pour Quentin qui depuis 4 à 5 jours vit sur le stress de pouvoir rentrer à temps au travail. Et c’est pas fini…mais Manon assure de son côté…
16/05/26 – JOUR 24
38°28.12’N 28°53.38’W
TWS de 2 nœuds
Awa 20°
Jour des bonnes nouvelles : la terre en vue et Internet pour rassurer nos familles.
Reste le stress du gasoil et la place au port !
Jusqu’à 13h, tout le monde était sous pression. Après la descente d’une grande voile compliquée, nous avons jeté l’ancre devant la capitainerie. À la VHF, c’était la consigne… la place au port après la clearance !





Avec Quentin, nous avons pris l’annexe en direction de la douane et de l’immigration, des bureaux bien séparés de la capitainerie…au départ nous nous sommes trompés d’endroit !
À notre arrivée, une longue file d’attente nous attendait… Quentin fulminait… à 14h, nous n’étions toujours pas passés devant les autorités portuaires…
Finalement, à 14h30, il est parti prendre un taxi en direction de l’aéroport. Tout s’est bien passé pour lui malgré d’autres contretemps, comme un avion qui prend une heure de retard à Lisbonne. Je pense qu’il se souviendra de ces moments….
De mon côté, j’ai rapporté deux bidons de gasoil au bateau en annexe… Seul, ce n’était pas facile, surtout pour me faufiler entre les annexes déjà amarrées au Dinghy dock.
Une fois l’annexe montée, on a pris d’assaut la station-service, ou plutôt le seul poste avec un quai pour un seul bateau… et il y avait la queue. Une bonne heure à attendre, moteurs allumés, que la place se libère. Et bien sûr, le vent est monté à 15 nœuds pendant cette attente…
Au final après avoir fait le plein à Horta . il restait une trentaine de litres. Le prix du gasoil dans ces temps de crise en France a été raisonnable : 1,70 euros/l.
Nous sommes amarrés à couple de deux autres bateaux, une première pour moi ! Mais voilà, c’est fait : il est 18h, tout est en ordre, les pleins d’eau et de gasoil sont faits et nous avons une place au port (40 euros la nuit sans eau ni électricité).
Maintenant douche et sortie pour manger un bout .







On va repérer les magasins et la laverie pour demain.
Au final, on s’est arrêté au premier bar et on a super bien mangé ! Un repas de fou, bien arrosé ! Quentin, tu nous as manqué !!



Le bateau est resté immobile cette nuit, et notre sommeil dans les cabines a été très paisible.

17/05/2026
Nuit très agréable… je me suis acharné à mettre à jour l’Iridium Go… peut-être la raison pour laquelle nos messages ne passaient pas toujours…
La puce 5g du routeur fonctionne ce matin …je vais pouvoir compléter le blog.
Ce matin, dépôt du linge car la seule machine était occupée (on reviendra vers 13h), dépôt de notre bouteille de gaz butane de 13 kg pour remplissage (à récupérer demain après-midi à 16h) et avitaillement au magasin du coin.
Petit apéro et repas à l UBAR , notre cantine puisque pas loin du bateau.


À noter que, malgré notre place, nous utilisons l’annexe pour nos déplacements. Jean-Jacques traverse les bateaux accolés et, avec Dom, nous allons en annexe jusqu’au dinghy dock.
Michel, notre routeur vient de nous prévenir d’un coup de vent prévu mardi (40 nœuds), nous allons donc repousser notre départ de deux jours, départ mercredi matin.
Jean-Jacques attend que les machines soient prêtes pour nous rejoindre à bord du bateau. Je le retrouverai en annexe, et nous prendrons une pinte à 3,5 euros ! Eh oui, la vie aux Açores n’est pas chère…comme les repas au restaurant !
Ce soir, apéro dînatoire sur le bateau, et demain nous passerons en deuxième ligne. Il faudra s’amarrer à nouveau, mais cette fois au premier bateau. Le dockmaster, très sympathique, nous a accordé deux nuits supplémentaires.



18/05/2026
Nos voisins, qui partent visiter une autre île des Açores, nous ont offert des gâteaux pour nous remercier de nous être levés à 8h00 !
Jean-Jacques et Dom partent visiter l’île pendant que je termine ce blog. En taxi, moyennant 100 euros, c’est 3 heures de visite guidée !


















Vers 13h, retrouvons-nous au bar le plus réputé de l’île pour l’un de nos derniers repas à terre…


Après le repas, on complète notre avitaillement (encore !) au grand magasin CONTINENT, et on passe chercher notre bouteille de gaz au SHIP. Fin prêt pour le départ…
Repas tranquille ce soir au bateau avec une omelette champignon fromage…
Demain, il restera à faire la clearance et nous partirons au lever du jour, mercredi.
La nuit sur HORTA, de gros bateaux sont éclairés.


19/05/2026 (J-1) avant Gibraltar


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