LA TRAVERSEE
Nous partons de la Marina de Las Palmas (Gran Canaria) vers 16h, avec un vent portant de 13 à 15 nœuds. Vitesse de surface proche de 6 nœuds avec 2 ris dans la grand-voile et le solent entièrement établi. Je suis peut-être un peu trop prudent, mais je ne pense pas gagner grand-chose avec la grand-voile entièrement déployée.
Le vent monte rapidement à 18-20 nœuds, et nous filons à une vitesse maximale de 11 nœuds grâce aux vagues… Petite déferlante dans le cockpit, heureusement elle n’a pas envahi le carré !

A 1h00 AM, j’ai réveillé Xavier qui dormait dans le carré pour virer de bord. Plus exactement pour empanner.
Manoeuvre délicate par 20 noeuds de vent au portant.
Très bien executée nous reprenons le cap de notre destination.
Entre 7 et 10 nœuds de vitesse, le pilote fonctionne parfaitement. En revanche, à bâbord, dans la zone où il est installé, le bruit qu’il produit est très désagréable, au point que Dom finit par venir dormir dans le carré.
Il est vrai que dormir dans ces conditions, entre le vent, les vagues, la houle et la crainte d’empanner si le pilote lâche la barre, n’est pas simple. Personnellement, j’ai beaucoup de mal à trouver le sommeil. La fatigue finira par m’aider. Heureusement, j’ai un quart assez tranquille, de 23h à 2h. Le bruit des vagues frappant le plancher du carré et les grincements de la menuiserie du bateau sont peu rassurants, surtout pour quelqu’un qui n’a jamais navigué dans de telles conditions. Au matin, le soleil perce à travers les épais nuages. Dom me montre quelques dauphins jouant sur notre étrave bâbord.
Côté énergie, nous sommes à 61 %. J’ai éteint la Starlink toute la nuit, mais j’ai laissé le convertisseur allumé. Je testerai demain soir en éteignant les deux pour comparer.
Le vent souffle toujours autour de 15 nœuds, et je conserve un cap de 200° avec une vitesse surface maximale de 7,7 nœuds.
Je dois tout de même prévoir des bords, car le bateau est plein vent arrière avec une mauvaise houle NW de 2,5 m, cassante et sans période très marquée.
Au portant, avec les vagues et la houle, les sensations sont vraiment différentes de celles en Méditerranée.
Xavier prend la barre franche pour laisser le pilote se reposer et tenter de réduire la consommation d’énergie.
En 24 heures de navigation, nous avons parcouru 144 NM.
Mais en début d’après-midi, le vent faiblit, autour de 6 à 8 nœuds, et cela devrait durer jusqu’à minuit. Je décide donc d’allumer les moteurs pour avancer sur notre route et recharger nos batteries.
Les poissons volants….


Le 9/11, nous reprenons les mêmes manœuvres que la veille : empannages pour garder un cap sur SAL, et utilisation des moteurs pour recharger un peu nos batteries, vu le soleil pas très présent. Heureusement, des dauphins viennent nous rendre visite en début d’après-midi. C’est toujours très beau.
Le soir, la température diminue, rendant l’air plus frais. Il est donc nécessaire de s’habiller plus chaudement pour sortir vérifier les voiles et les bateaux montant leurs AIS sur le traçeur de carte. Je sors même des chaussettes…
Ce soir, repas sucré-salé avec des crêpes à la bière, selon la recette de Xavier.
Ce matin, le 11/11/2025, il nous reste encore plus de 350 NM à parcourir jusqu’à la baie de Palmeira (SAL). Cet endroit est stratégique car situé à proximité des douanes, de l’immigration et des autorités portuaires. Ces services devraient nous délivrer la clearance ou autorisation d’entrée et de sortie du territoire.
La navigation est assez fatigante. La houle, le courant et le vent se sont calmés. Au portant, avec un vent arrière à 150° et une houle résiduelle, le catamaran reste difficile à manœuvrer, même avec une retenue de bôme. Je propose de préparer un repas avec des pommes de terre fourrées à l’aïoli, gratinées, accompagnées de morue et d’une salade de pois chiches en entrée. Pas trop mauvais au final…


Avant le repas, Alex attrape une petite dorade qui finira en tataki pour l’apéro du soir.


Le 12/11/2025, mer d’un calme plat, vent de 2 à 5 nœuds… les moteurs sont de rigueur. Nous essayons de résoudre le problème de phase lié à l’hydrogénérateur avec l’aide de l’assistance WATT AND SEA afin de pouvoir l’utiliser en toute tranquillité.
Nous avons le temps de préparer de bons repas…la fameuse tarte au poire nutella-chantilly….


La nuit et la journée à venir, à 48h de notre arrivée dans la baie de Palmeira, devraient présenter des conditions météo similaires.
Ce matin, le 13/11/25, nous avons encore plus de 75 % d’eau et de gasoil, avec un bilan énergétique excellent, proche de 98 % grâce aux moteurs qui ont tourné toute la nuit. Le ciel est clair et la température oscille entre 23 et 28°C.
Le vent souffle à 6 nœuds. Avec les moteurs à 1200 tr/min, nous maintenons un cap de 4 nœuds..
Une tortue géante nage autour de nous. Difficile à croire, cela doit faire au moins la troisième que nous croisons sur notre chemin.
De temps en temps, on aperçoit des poissons volants… plutôt original, je trouve.
Pendant mon quart, au lever du soleil, nous apercevons pour la première fois au loin un voilier anglais de 18 m. Il tente de me contacter par VHF, mais je suis trop timide pour répondre… Nos regards se croisent et nous échangeons de grands gestes amicaux.

La température est top, même pas un tea shirt ! Je pense bien à vous …
Après le petit déjeuner, chacun vaque à ses occupations : Alex part au boulot, Dom se plonge dans sa lecture, Xavier reste au lit (il ne dort pas beaucoup la nuit !) et moi, je m’occupe avec l’assistance en ligne de Watt&Sea pour régler le fonctionnement de l’hydrogénérateur. Ce n’est pas gagné !
Nous attendond TOUS le vent.
Côté pêche… rien, à part trois sacs plastiques et une lanière en plastique… une vraie catastrophe !
Pour finir cette journée passée au moteur, un couscous suivi d’une tarte aux pommes en dessert… encore merci à Dom.


Cette nuit… pas un souffle de vent, zéro nœud !

Reste 150 NM avant notre arrivée prévue samedi…sur Palmeira .
Ce matin, au septième jour de navigation, la météo a changé. Une houle de travers et un vent stabilisé à 7 nœuds accompagnent notre route. Nous naviguons au portant, mais le confort laisse à désirer. Au loin, nous apercevons deux baleines..
La pêche ne donne rien…Je décide de soulager DOM en organisant la préparation du repas du soir. Je compte préparer l’apéro, Alex s’occupera de plat principal et Xavier du dessert.




Pina colada, tartelettes à la tomate, aux anchois et au fromage, bâtons croustillants au curry, fajitas au bœuf et à la tomate, pommes de terre et cookies au nutella.
Mon quart débute à 23h. Il nous reste approximativement 50 NM avant la baie de Palmeira.
Il est 7h00 du matin et nous apercevons les côtes de Sal.
Après avoir discuté avec l’équipage, je choisis de mettre le cap sur SANTA MARIA plutôt que sur PALMEIRA, car Xavier trouve cet endroit plus paradisiaque.
CONCLUSION
En résumé, ce fut une traversée assez longue… plus longue que prévu en raison de l’absence de vent pendant plusieurs jours. Même si la houle était plus persistante, elle restait espacée et très agréable lorsqu’elle allait dans le sens de notre cap. Le calme pendant plusieurs jours d’affilée… ça change de la Méditerranée, qui est le plus souvent tranquille seulement en début de matinée et au coucher du soleil.
La couleur de l’eau est aussi bien différente. Un bleu plus clair.
Les poissons volants, les baleines, les dauphins, les tortues..des rencontres extraordinaires visibles qu’en ce lieu.
Par contre, constat inquiétant : la pollution plastique. À trois reprises, nous avons repêché des sacs ou des lanières en plastique.
Ces 8 jours, soit 2 de plus que prévu, m’ont permis de faire un point avant le grand saut vers les Antilles, qui devrait durer entre 12 et 15 jours maximum.
1- Les poubelles : les déchets tiennent dans 3 sacs pour 4 personnes, malgré une bonne dose de cuisine…
2- Le gasoil : deux jours sans vent et un début de parcours sous un ciel nuageux, avec un soleil orienté nord-sud moins propice à la production solaire, nous ont poussés à démarrer les moteurs qui, en plus de nous propulser, rechargent les batteries grâce aux alternateurs. Il nous reste encore plus de 50 % d’autonomie, sans compter les réserves.
3-L’eau : le réservoir principal est rempli à 75 %, ce qui reste correct avec une douche tous les deux jours et un usage modéré, la vaisselle étant faite à l’eau de mer avec un rinçage limité à l’eau douce. Le réservoir auxiliaire d’eau potable est encore plein et le dessalinisateur n’a pas servi. L’ajout d’une pompe à eau de mer pour les toilettes bâbord contribue aussi à cette économie.
4- Côté électricité, nous sommes restés au-dessus des 50 %. La consommation de Starlink, même en 12 V, reste impressionnante. La glacière, mise en marche à Las Palmas après un gros avitaillement, tourne sur un circuit parallèle alimenté par une pile au méthanol, qui n’a utilisé que la moitié d’un bidon de 10 litres. Bonne nouvelle : il reste 7 bidons en réserve à bord.
5-L’avitaillement : pas facile de tout prévoir, il faut faire avec ce qu’on a et les talents culinaires de chacun. À noter : 50 L de vin, 2 bouteilles de Jack et 1 bouteille de rhum ont été bus depuis le 2 octobre 2025, et les réserves de pâtes et de riz, que je croyais surdimensionnées, se sont envolées. Un réapprovisionnement s’est imposé. L’huile d’olive et le beurre (mais pas la margarine) ont manqué, tout comme les légumes verts en conserve.
Un bilan, je crois, largement positif pour nous permettre une traversée Est-Ouest en toute sérénité..
Nous prévoyons maintenant de visiter au mieux ces îles capverdiennes, et ce dans un laps de temps assez court..
SAL -BAIXA PEDRONA – SANTA MARIA
Mouillage dans la baie de Santa Maria vers 15h le 15/11/2025. L’arrivée fut mouvementée : vent au près à 24 nœuds, bateau filant à plus de 9 nœuds. Peu de monde au mouillage, mais à la grande surprise de Xavier, le ponton pour rejoindre l’île est en travaux et donc inaccessible. Il faudra donc beacher en annexe pour découvrir ce petit coin de paradis.
Je hisse mon pavillon jaune. Il faut maintenant déclarer notre arrivée à l’immigration et aux douanes, et surtout trouver leurs bureaux s’ils sont ouverts. Selon ChatGPT, c’est possible même un samedi après-midi avant 16h.
Je prends Xavier comme guide, car il connaît bien l’endroit. Alex et Dom restent sur le bateau et nous amènent en annexe.
Pas évident d’accoster sans ponton sur une plage secouée par la houle et les vagues de l’océan, mais on s’en est plutôt bien sortis. Pas simple non plus de mettre la main sur ces fameux bureaux… Xavier était un peu perdu. Finalement, on a demandé où se trouvait la police pour obtenir l’autorisation d’entrer sur le territoire. Et là, grosse surprise : la guardia civil locale nous a expliqué que c’était une zone paisible, et que nous pouvions visiter les lieux en toute tranquillité, sans aucun papier requis. Pas de clearance !!!! 2 mots importants sur cette île : no stress et tranquille !
Par VHF, nous appelons Alex et Dom pour qu’ils viennent nous chercher et leur annoncer la nouvelle. Il est trop tard pour que nous retournions tous sur l’île, et surtout, impossible de surveiller l’annexe puisqu’il n’y a aucun moyen de l’amarrer. Il nous faudra gérer le problème. La nuit a été agitée par une houle désagréable, accompagnée de rafales de vent de 18 à 20 nœuds.
Heureusement, Xavier avait des connaissances et nous a parlé d’une plage située à 200 m de notre zone de mouillage. C’est là qu’il faisait du kite il y a deux ans. On voyait d’ailleurs une annexe sur le sable, juste devant le bar-restaurant « L’ANGULO ».
On a donc tenté notre chance et, quel bonheur ! On a fait la connaissance d’un ami de Xavier, Patrick Luis, qui vivait à Santa Maria. Cela nous a beaucoup aidés. Quelqu’un allait surveiller notre annexe ; il travaillait au service de location de kite et de planche à voile accolé au bar-restaurant.





Après un café, un rhum à l’ananas et, pour certains, un sandwich jambon-fromage, nous avons poursuivi avec une visite de Santa Maria en compagnie de Patrick Luis.

La ville est découpée en rues parralèles au front de mer.
La première, très chic et principalement fréquentée par les touristes avec ses hôtels, la seconde moins jolie avec ses habitations et ses habitants locaux plutôt aisés, et la troisième moins fréquentable, qui mène à une zone rappelant l’image d’une Afrique authentique. C’est d’ailleurs ici que Patrick Luis nous a arrêtés pour déjeuner à midi.
Après un repas composé de poisson grillé avec frites et riz, de poulet rôti et de bières, le tout pour 36 euros pour nous tous, nous terminons la visite des environs.
Nous reprenons l’annexe pour rejoindre le bateau, tandis que Xavier part faire du kite. Nous quittons notre mouillage après une baignade pour nous installer devant le bar qui est devenu notre cantine.


Ce soir, nous irons de nouveau au bar pour fêter l’anniversaire d’Alex et récupérer Xavier qui était resté à terre.



Après un nuit plus calme, aujourd’hui c’est la visite du marché local .
Après quelques minutes de marche, nous atteignons le marché couvert, une halle animée. On y trouve une poissonnerie (3 euros le kilo de bonite, 6 euros le kilo de thon), ainsi que des fruits et légumes, que nous achetons en prévision de la venue de Christiane et Sylvie, même si les prix sont élevés, et quelques boutiques de vêtements.




Vers 14h, Patrick Luis nous a invités chez lui pour déguster le plat local que sa mère avait préparé : la CACHUPA. C’est vraiment bon et ça cale bien.







De là, on part pour une nouvelle visite de Santa Maria, côté hôtels de luxe pour Alex, Dom et moi, tandis que Xavier va tenter de faire du kite car le vent est tombé.
Nous avons dîné puis repris l’annexe pour rejoindre le bateau de nuit, sans lampe ni éclairage à bord. Une vague a rempli notre dinghy à 50 %… et là, en rigolant, nous avons pensé à nos femmes qui, demain soir, rejoindraient le bateau en annexe…il faudra pas répéter la même erreur.
Le 18/11/2025, nous avons terminé l’avitaillement pour la semaine, et un ravitaillement plus important sera effectué à la Marina Mindelo. Christiane et Sylvie sont dans l’avion pour l’aéroport de SAL. Avec Dom, je les rejoindrai en prenant un taxi derrière le restaurant ANGULO vers 23h.
Le 18 a été une journée sombre pour tout l’équipage, avec quelques péripéties marquantes :
- Xavier avait prévu de commencer sa journée de kitesurf depuis le bateau, mais son aile est partie toute seule au large. Il a plongé et nagé pour la récupérer, mais avec un vent de plus de 20 nœuds, c’était mission impossible. Une barque de pêcheur l’a finalement secouru, juste avant que je mette l’annexe à l’eau pour le récupérer avec son aile et le ramener à terre afin de démêler les fils.
- De retour, j’attache mon annexe au bateau avec le bout habituel, mais avec la houle et les vagues, elle s’est détachée… Heureusement, Dom a vu l’annexe partir seule au large et Alex a plongé pour la récupérer.
- L’arrivée de nos femmes et le transfert en annexe jusqu’au bateau, sur une plage envahie par les algues, a été horrible et chaotique.En effet, au moment du départ, une grosse vague a percuté l’annexe et l’a remplie de sable et d’algues. L’annexe était remplie d’eau à 100%, impossible à remonter sur le sable avec les valises non étanches à l’intérieur. Soudain, un gars est venu voir Dom, pensant que nous étions des passeurs de coke et qu’il pouvait en obtenir. Puis un autre, qui vivait sur la plage, nous a aidés à sortir notre annexe de l’eau. Nous n’étions pas vraiment seuls. Après avoir écopé avec la gamelle du chat du restaurant, nous avons remis l’annexe à l’eau en espérant que le moteur, rincé à l’eau de mer, puisse démarrer. Et, il a démarré du premier coup. J’ai du faire au moins quatre voyages pour amener homme, femme et habits au bateau. Un souvenir inoubliable pour les filles ! et tout l’équipage à bout de force. Le bilan est catastrophique : des algues partout sur le bateau, dans les sacs et les vêtements, la tablette qui ne fonctionne plus et un grand lavage à faire demain. On compte sur Patrick Luis et son carnet d’adresses, puisqu’il n’y a ni laverie ni pressing dans la zone.
Après une journée de repos bien méritée à faire découvrir la ville à nos épouses, nous avons prévu une excursion dans l’intérieur de SAL. Le temps étant limité et le mouillage à BOAVISTA, île au sud de SAL, nous éloignant de notre objectif : la marina de Mindelo, sur l’île de São Vicente.
Comme toujours, Patrick Luis a assuré et nous a déniché un chauffeur privé pour faire notre tour de l’île, à un tarif plus que compétitif !
Le 20/11/2025 est donc une journée pleine de surprises. Le matin à 9h, nous avons tous rendez-vous derrière l’Angulo Bar avec notre chauffeur, Nono.
BAIE DES REQUINS « SHARK BAY » – CÖTE EST DE L’ILE

C’est une nurserie naturelle pour les requins-citron, âgés de moins de 3 ou 4 ans et mesurant au maximum 1,50 m. On peut les observer depuis le rivage ou même en marchant dans l’eau. Après 30 minutes de route, nous atteignons cette baie, à la fois sableuse et parsemée de rochers.
Pour entrer dans l’eau, un guide nous a pris en charge et, pour 3 euros, il nous a accompagnés avec un sachet de thon ensanglanté pour attirer les requins à nos pieds : spectaculaire !
LES SALINES A PEDRA DE LUME

Située à seulement 5 km de la capitale, Espargos, la ville de Pedra de Lume est surtout connue pour ses salines, utilisées pour la récolte du sel marin et longtemps exploitées par les Salins du Midi.
De magnifiques images et la possibilité de se baigner dans un marais salin, que nous avons choisi de ne pas faire.
Sur le chemin du retour, nous avons aussi visité une jolie église, avant de rejoindre Palmeira. De là, un chemin de terre sinueux et caillouteux nous a conduits à Buracona, au nord-ouest de l’île, surnommée “l’œil bleu”, un véritable joyau naturel.


PALMEIRA – LE PORT



Nous avons fait une petite pause devant le port de pêche de Palmeira, là où nous devions au départ attendre nos femmes. Certes, il y a un ponton et le port est bien abrité pour débarquer en annexe, mais les environs sont trop classiques, sans animations, ni hôtel, ni plage exceptionnelle. Je ne regrette pas mon choix, malgré les galères que nous avons eues pour ramener nos femmes au bateau.
En route vers Buracona, plus de 30 minutes sur un chemin infernal, que ce soit pour les voitures ou pour ceux assis à l’arrière des pickups 4×4. Des trous, des cailloux, du sable qui s’envole…
BURACONA – BLUE EYE
Blottie au cœur des roches volcaniques dominant l’océan, se dévoile une superbe piscine naturelle.




Il y a aussi une cavité sous-marine naturelle qui, baignée de lumière solaire, dévoile des teintes envoûtantes de bleu et de turquoise, semblables à l’iris d’un œil.

Vers 14h, le taxi nous a déposés à l’Angulo Bar pour un dernier déjeuner avant le départ pour Mindelo avec nos habits lavés, séchés repassés…Sylvie est ravie.
Dom et Chris ont choisi de déjeuner dans un restaurant local. Ils sont revenus au bar avec deux magnifiques bonites (3 euros le kilo) pour nos prochains repas. Le poisson est vraiment bien moins cher que les fruits et légumes.
Vers 16h, tout le monde à bord pour préparer notre navigation vers Mindelo. Mise en route du dessalinisateur pour faire le plein d’eau et réparation de la balancine.
Avant la nuit, nous débarquons Xavier, qui abandonnera cette Transat. Nous sommes tristes car c’est une personne agréable avec qui nous avons partagé de très bons moments.

MARINA MINDELO – SAO VICENTE
Nous sommes partis de Santa Maria vers 9h00, avec un vent de 9 à 15 nœuds et une mer agitée par une houle croisée rappelant celle de Creus. Le bateau avance bien au travers, petit largue. Hâte d’arriver à la Marina de Mindelo, qui a confirmé ma réservation par email ce matin.

Nous avançons assez vite, avec des surfs à 8 nœuds… une belle sensation.
Côté pêche, toujours rien. Mais nous avons goûté la bonite achetée hier au marché local. Un régal pour les amateurs de poissons rouges pas trop grillés.
Le 21/11/2025 à 7h00, le bateau se trouvait devant l’entrée de la baie de Mindelo. Trop tôt pour le poste à essence (ouverture à 8h) et pour la capitainerie (ouverture à 9h), j’ai donc affalé les voiles et réglé les moteurs à 1200 tr/min pour recharger les batteries et avancer à 3 nœuds. À 8h00, j’ai appelé sur le canal 72 pour demander où se situait le poste à essence. Soudain, Alex m’a interpellé : nous venions de le dépasser. J’ai fait demi-tour et nous avons accosté au ponton flottant pour faire le plein. Ici, le gasoil est à moins d’un euro le litre.





Après 30 minutes d’attente, un marinero est venu nous accueillir. J’ai demandé une place à la marina, et il m’a montré celle que j’occuperais pour les 4 jours à venir. L’amarrage était délicat avec un vent de travers de plus de 12 nœuds et un espace réduit entre les bouées et les pendilles.

Finalement, tout s’est bien passé. Le plus dur restait à venir. J’ai demandé à Dom de m’accompagner.
D’abord, passage à la capitainerie pour les formalités habituelles et l’obtention d’une carte prépayée pour l’eau et l’électricité, après avoir estimé notre consommation. Le prix de la marina est correct, moins de 80 euros la nuit tout compris.
Ensuite, passage à l’immigration pour faire tamponner nos passeports. Et là, tout le monde devait être présent ! Dom est donc allé chercher Alex. Dernière étape : les douanes. Le samedi, je pensais qu’elles seraient fermées. Eh bien non ! Après 2 km de marche, dans un entrepôt sans aucune indication, j’ai réussi à entrer dans un bureau pour expliquer notre parcours et remplir la fiche.
Le policier prend mon acte de francisation, me rend les passeports et m’explique que, la veille du départ, il me remettra mon document ainsi que la clearance de sortie à présenter au premier port des Antilles.
Je reviens avec Dom au bateau vers 12h30 pour savourer un bon Jack et discuter du lieu où nous allions déjeuner. « La Caravela », dit Dom. Un peu loin, mais il y avait des pizzas 🙂 Un endroit magique grâce à sa plage, moins charmant à cause de la vue sur les chantiers, usines et cargos qui l’entouraient.






Au passage, les filles ont pris une salade de langouste qui les a rendues malades (barbouillées) … crudités mal lavées ? Puis, de retour, baignade et repos sur le bateau. Ce soir-là, tout le monde était au lit très tôt.


Le lendemain matin, le 22/11/2025, petit-déjeuner au bar flottant avec Sylvie, puis balade et découverte des magasins, du supermarché et de la seule boulangerie avec Alex, tandis que Dom et Christiane sont partis manger une cachupa dans un restaurant local, accompagnés par Nelson, un habitant du coin qui nous avait abordés à la sortie de la marina pour proposer ses services.



Ils étaient dans un marché local et nous les avons rejoints en taxi, deux euros la course. À noter que la majorité des Capverdiens parlent un peu le français, l’espagnol et l’anglais, parfois les trois dans la même phrase ! Avec Sylvie, nous avons dégusté un grog au miel et citron, tandis qu’Alex, lui, se remettait encore de la veille.







Vers midi, déjeuner au club nautique face à la marina, puis retour en bus local pour moins de 0,50 € par personne.


Ensuite, Dom et Christiane sont allés se renseigner à la gare maritime pour des billets vers Santo Antao, île voisine luxuriante aux sentiers de randonnée. Alex, quant à lui, est allé déguster une crêpe Nutella-banane au bar flottant de la marina. Retour excellent ! Avec Sylvie, j’ai choisi de passer l’après-midi à la piscine d’un superbe hôtel où nous dînerons ce soir.



L’eau douce de la piscine était fraîche. Mais avec le soleil très chaud, nous avons fait une bonne sieste sur les transats. Dom, Christiane et Alex nous ont rejoints plus tard.
En fin de journée, retour au bateau pour se préparer et boire une coupe de champagne pour fêter le permis de Matèis.



Vers 20h, nous voilà tous partis pour savourer un délicieux repas à l’hôtel MANSA, situé juste à côté de la marina. Le cadre, le service (un peu lent mais au top) et la qualité des produits semblaient être au rendez-vous…..car Sylvie a passer une nuit d’enfer sur les toilettes.
À 6h du matin, sous la pluie, les plus courageux et les moins malades sont partis prendre le ferry pour Santo Antão. Je suis resté avec Sylvie, sans aucun regret… Pas motivé pour une randonnée avec 200 m de dénivelé sous la pluie… J’ai préféré jouer les garde-malades.


Partir à la découverte de Santo Antão, une aventure réservée aux plus endurants…
Après un achat de billets chaotique pour le ferry vers Porto Novo (Santo Antão), compliqué par une pluie torrentielle et une coupure d’électricité à la gare maritime, ils ont finalement accosté tous les trois en toute sécurité, mais sans leur guide, qui devait les attendre sur place et avait annulé à cause du mauvais temps.
Finalement, ils ont choisi un autre guide et sont partis sous la pluie en direction du cratère de Cova, une zone de production agricole habitée.






Sur le trajet, une végétation surprenante (papayer, haricot blanc)


Et à la sortie de la Cova, perchée sur les hauteurs en direction de Vila das Pombas, une vue à couper le souffle.



Cette randonnée comprenait un dénivelé positif d’environ 150 m et un dénivelé négatif de 800 m sur 10 km de marche. Basilio, notre chauffeur, nous a récupérés en bas pour nous emmener à une distillerie de canne à sucre, où l’on fabrique le Grog local ainsi que divers rhums parfumés.




Après une petite dégustation, direction un restaurant traditionnel pour déjeuner : le Divin Art à Ribeira Grande.




Après un délicieux repas, cap sur la vallée de Ribeira de Torre, passage par XoXo, puis retour à Porto Novo par la route côtière. Des vues magnifiques, une terre aride, des ânes…le phare de Janela





De retour vers 17h au bateau, je tentais désespérément de résoudre un sérieux problème électrique : plus d’électricité à bord alors que la nuit tombait. Le réseau Mastervolt était perturbé par la nouvelle carte électronique installée dans l’après-midi. J’étais en panique et de très mauvaise humeur…Grâce aux conseils du service technique Outremer et à la persévérance d’Alex, j’ai réussi à rétablir l’électricité, du moins en partie, en forçant chaque disjoncteur. Le problème sera réglé le lendemain matin à 6h00 heure locale. La carte électronique que Sylvie avait apportée ne fonctionnait pas. C’était le diagnostic du technicien, et Sylvie devra m’en rapporter une autre aux Antilles. En remplacement, j’utiliserai la carte électronique des pompes de cale reliée au système.
Après ce stress, direction Saô Pedro, un village de pêcheurs où l’on organise des plongées et des baignades avec les tortues de mer.
VILLAGE DE SAO PEDRO
Devant la capitainerie, un marin nous a parlé de sa visite à Sao Pedro et des baignades possibles avec les tortues.
Dom et Christiane sont partis chercher une location de scooter… et ils ont déniché trois engins archaïques aux pneus un peu dégonflés…
Mais bon, pas le choix, et 25 euros la journée par scooter !
Nous voilà tous partis pour Sao Pedro après avoir récupéré aux douanes notre clearance et acte de francisation. Une dizaine de kilomètres plus loin, nous empruntons un chemin pavé pas très rassurant en scooter. Comme d’habitude, à l’arrivée sur la plage, un gars du coin nous propose une balade en bateau pour voir les tortues et même se baigner avec elles.






Nous avons accepté, mais après la caipirinha du matin… au bar où nous étions installés.

Vers midi, notre guide nous indique un autre bar-restaurant, juste à côté, et bien meilleur. Nous avons donc déménagé vers ce bar pour réserver une table et prendre une autre caipirinha.

Ensuite, Sylvie, Alex et moi-même grimpons sur une barque et, poussés par quatre gars du coin, nous voilà partis sur l’eau en direction des tortues.
Alex est le seul qui ait plongé pour nager avec elles… Il a même croisé un barracuda…






Elles étaient magnifiques. Cela valait les 15 euros par personne.
Puis retour au restaurant où Dom et Chris nous attendaient pour l’apéro avant un repas grandiose.
Avec Sylvie, on s’est partagé une langouste d’1 kg, grillée à la plancha… un vrai régal pour 25 euros par personne, la meilleure que j’ai jamais mangé. Les langoustes sont pêchées dans la baie de Sao Pedro, donc plus que fraîches et locales !


Après quelques caipirinhas, retour à Mindelo pour déposer les filles à la marina, puis départ à la recherche de Los Congelados, un magasin de surgelés spécialisé dans les viandes (côte de bœuf d’Argentine…).

Très difficile à trouver, mais après quelques détours sous la pluie, on finit par le dénicher et faire un avitaillement raisonnable.
On a déposé les scooters vers 18h pour se préparer à notre dernier repas avec les filles, au Nautilus, juste en face de la marina. Un endroit agréable et très apprécié, même par les locaux.

Puis retour à 23h au bateau pour une nuit de sommeil bien méritée.


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